29 décembre 2009

Wesphael, port du voile et interdiction (o/n), biffez la mention etc....

Je me suis souvent interrogé sur le thème "faut-il interdire le port du voile ?". On entend beaucoup d'avis, les arguments sont nombreux dans un sens comme dans l'autre. J'ai essayé de suivre le débat (ou plutôt, souvent, son absence, car il s'agit généralement d'un dialogue de sourds), mais, au bout du compte, je ne suis jamais parvenu à me positionner moi-même dans un camp ou dans l'autre. Je continue à m'interroger. Et je n'ai pas fini d'en débattre avec moi-même (ni avec d'autres, bien sûr, mais souvent, je suis mon meilleur interlocuteur :-) ).

Dernière sortie en date, celle de l'écolo Bernard Wesphael. Qui prend le contrepied de la position officielle de son parti. Avec des arguments déjà vus. Mais ceux-là peuvent être démontés facilement, me semble-t-il.

Il nous dit (certes, je résume très fort) : mieux vaut contrarier la liberté religieuse de dix personnes si cela permet d'en sortir une du cadre de la coercition.
Soit.
Mais si on interdit, qui nous dit que ça nous fera pas neuf femmes libérées de cette coercition pour une qui se verra séquestrée plutôt que de sortir tête nue ?
L'argument se retourne donc comme un gant.
Et pour reprendre la formule de conclusion du gaillard : ne nous limitons pas aux symptômes. Interdire le port du voile dans le but de lever l'éventuelle pression qu'il dénonce, c'est s'attaquer aux symptômes de la maladie tout en ignorant aveuglément ses causes.

Sans compter l'autre contradiction de son discours : notre constitution nous garantit l'égalité et le libre choix de notre religion. Brimer une certaine forme d'expression de l'une d'entre elles sans se soucier des autres, c'est aller à l'encontre de ces principes fondamentaux. J'ai beau être athée à 200%, je respecte les convictions des autres.

Note pour les gens du Soir : excellente photo d'illustration, où une des dames voilées s'affiche chaussée de sorte à affoler plus d'un fétichiste du pied, ce qui, en soi, remet la mosquée au milieu du village.